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Expérience rare, sensorielle et profondément troublante que le visionnage, quarante ans après sa sortie, de L’Œuf de l’ange, première réalisation d’un certain Mamoru Oshii.

N’ayant pas encore vu Ghost in the Shell, je rencontre le cinéaste nippon en ce début d’année cinéma 2026 à travers cette proposition énigmatique qui m’a, je dois l’avouer, agréablement déstabilisé. La narration morcelée impose un rythme lancinant, laissant volontairement béantes de larges zones d’ombre et de silence.

L’ambiance est lourde, parfois dissonante, et suscite une multitude de questions : où sommes-nous ? Pourquoi cette architecture européenne et christique, à la fois familièree mais pourtant impossible à situer/identifier ? Comment interpréter ce monde figé hors du temps ?

Habitué aux œuvres cryptiques qui se fraient lentement un chemin vers l’âme et le cœur, je sens que L’Œuf de l’ange appartient clairement à cette catégorie. Le film ne cherche pas l’adhésion immédiate, mais une forme de résonance intime, presque inconfortable.

Peut-être que, malgré son format compact, l’œuvre aurait mérité un parti pris narratif ou thématique un peu plus marqué. Mais au fond… peut-être pas. L’Œuf de l’ange semble précisément exister dans cette indétermination, cette hésitation permanente entre le sens et le mystère. À méditer.